INPH - Juillet 2017 - Newsletter N° 83


DIM : DÉPARTEMENT INSUFFISAMMENT MÉDICALISÉ

Rappel historique

L’acte de naissance du PMSI en France (« projet » puis « programme » de médicalisation des systèmes d’information)  remonte à 1982. Ce  modèle préfigurant la tarification à l’activité (T2A) se devait d’être porté par des organisations médicales, garantissant la confidentialité et une gestion adaptée à des informations médicales  informatisées. Le Département d’information médicale  (DIM) a vu le jour.
De 90 et au début de 2000, deux points sont restés en suspens :
  • La transformation de cette fonction en véritable métier
  • La place du DIM dans l’institution hospitalière
Evolution

Au fil du temps, la fonction DIM est devenue une fonction critique, le codage évoluant dans beaucoup d’établissements vers des méthodes de production plus performantes : la professionnalisation du codage avec un recours de plus en plus systématique à des sociétés externes pour tout ou partie de la fonction, aboutissant même parfois à une déprofessionnalisation de la production et donc la disparition de tout contrôle médical.
 
Le politique et l’administratif ont été satisfaits de trouver enfin un outil permettant de connaitre la « productivité de l’établissement ».
Les DIM n’ont jamais partagé une vision commune de leur art et leur avenir, sans véritable représentation pour les soutenir.
 Les communautés médicales ne se sont jamais appropriées les DIM de même qu’elles se sont désintéressées  de la médicalisation de la gestion hospitalière.
Valorisation

Elle passe par une remédicalisation indispensable de la fonction DIM :
  • Préserver la confidentialité des données médicales.
  • Assurer la qualité des informations produites par une bonne connaissance des organisations hospitalières, des systèmes d’information, une expertise en sciences de la qualité, des notions de droit, et une connaissance d’expert du modèle T2A et bien sur la connaissance de la médecine.
  • Diversifier les missions tels que l’accompagnement des services cliniques dans leurs nombreux travaux de recherche, réalisation d’enquêtes à visée de santé publique, etc.
  • Faire évoluer la fonction DIM vers une véritable spécialité, avec une société savante, un enseignement spécifique et une filière universitaire.
Il n’y a pas d’autre solution que de remettre le médecin DIM au cœur d’une gouvernance médicalisée, garant de l’indépendance professionnelle, de la transparence des données collectées,  de la qualité de leur analyse.
DIM et INPH

Nous, INPH, aurons alors les réponses au questionnement de nombreux DIM rappelé ci-dessous :
 
Dans sa fonction d’analyse, le DIM établit les faits statistiques et comptables en toute indépendance sachant que sa production a vocation à alimenter la réflexion stratégique et de gestion de l’établissement. Et si c’était cette indépendance qui posait problème ?
 
Pouvons-nous affirmer que la transparence des données analysées par le DIM soit du goût de tous les exécutifs ?
 
Sommes-nous certains que les médecins hospitaliers dans leur ensemble aient tiré toutes les conséquences de la médicalisation de la gestion, y compris en termes d’implication personnelle ?
Le bureau de l'INPH
Intersyndicat National
des Praticiens Hospitaliers
30 Bld Pasteur - 75015 Paris
www.inph.org
Contact : Rachel BOCHER