Je suis consultante en lactation certifiée IBCLC, seule certification internationalement reconnue en matière d'allaitement maternel.

Bonjour,

Ma newsletter vous propose chaque mois des cas cliniques sur un thème, accompagnés d’une bibliographie. Ces cas cliniques vous permettent une mise à jour mensuelle de vos connaissances en matière d’allaitement. N’hésitez donc pas à partager cette newsletter avec vos collègues.
Si vous souhaitez faire un commentaire, vous pouvez l’envoyer à contact@allaiteraparis.fr.
En vous souhaitant une bonne lecture.

Véronique Darmangeat, consultante en lactation certifiée IBCLC.


Cas clinique 1

Cette mère a subit une chirurgie de réduction mammaire et ignorait si elle pourrait allaiter. Elle avait besoin d'informations claires et complètes.


Cas clinique 2

Cette mère a vécu un premier allaitement cauchemardesque, elle a du mal à envisager un nouvel allaitement et a besoin de faire le point sur ce qui s'est passé pour son aîné.

Allaiter après une chirurgie mammaire


Etude du cas clinique

Cette femme est enceinte de son premier enfant. Elle me contacte au cours de son cinquième mois de grossesse pour se préparer à l’allaitement. Elle a subit une chirurgie de réduction mammaire cinq ans plus tôt et souhaite savoir si l’allaitement sera possible.
Pendant la grossesse, ses seins ont doublé de volume, elle a récupéré la sensibilité des mamelons.

Mon intervention
Nous voyons ensemble quelle technique opératoire a été utilisée : le complexe aréolo-mamelonnaire a été détaché et déplacé au cours de l’opération.
Je prends donc le temps d’expliquer à cette future mère la physiologie de la lactation et quelles sont les possibilités pour son allaitement : il est impossible de prévoir comment se passera l’allaitement mais il est possible de mettre toutes les chances de son côté en optimisant la mise en place des premières tétées. Je lui explique donc comment placer son bébé pour une prise du sein optimale, les comportements habituels d’un nouveau-né et quels signes surveiller pour vérifier que son bébé mange suffisamment.
Nous prévoyons ensemble l’éventualité de la mise en place de compléments et les moyens de les donner. J’explique le fonctionnement du DAL qui est particulièrement adapté en cas de chirurgie mammaire.
En fin de consultation, la mère est contente d’avoir des informations précises et de savoir que l’allaitement n’est pas impossible même s’il ne sera pas forcément exclusif.

Le bébé, un petit garçon, nait cinq jours après terme. Il tète bien mais n’émet ni selles ni urines les deux premiers jours. Des compléments sont donc mis en place à la maternité. La mère parle alors du DAL mais se heurte à une fin de non recevoir de la part du personnel hospitalier. Des biberons sont donc utilisés.

Je reviens en consultation lorsque le bébé a 6 jours. Le bébé prend des biberons de 60 ml en cinq minutes après chaque tétée.
J’observe une tétée : la prise du sein est parfaite, le bébé déglutit quelques fois puis plus du tout. Le sein droit est rouge en dessous et la mère décrit « une brique à l’intérieur du sein ». Le sein gauche est également rouge en dessous. Du lait est donc présent mais ne peut pas s’écouler en raison des canaux lactifères sectionnés.
Je suggère donc à la mère de prendre les antidouleurs prescrits par la maternité et de mettre du froid sur les seins entre les tétées.
Les parents souhaitent continuer à utiliser le biberon. Je leur explique donc comment donner le biberon de manière physiologique pour le bébé.
La mère continue à mettre son bébé au sein à chaque fois qu’il a faim. Cet allaitement se poursuit trois mois. La mère est satisfaite.

Elle me recontacte lorsqu’elle est enceinte de son deuxième enfant. Elle veut allaiter à nouveau. Cette fois-ci, elle est motivée pour utiliser le DAL. Elle l’emporte à la maternité et impose son usage lorsque son bébé a besoin de compléments.
Je vois ce bébé lorsqu’il a 5 jours : la prise du sein est bonne et le bébé déglutit plus longtemps au sein que son ainé. Par contre des engorgements sont présents, qui ne peuvent être drainés. Les antidouleurs sont à nouveau nécessaires.
Le Dal fonctionne très bien et le bébé boit entièrement au sein : soit le lait de sa mère en début de tétée, soit une préparation pour nourrisson par le DAL ensuite.
Cet allaitement se poursuit 6 mois et la mère est très satisfaite.

Pour elle, il a été très important d’obtenir des informations fiables pour pouvoir mettre en place un allaitement qui dure. Il lui a fallu du temps pour accepter le DAL qu’elle n’a utilisé que pour le deuxième enfant. Mais elle n’a rien regretté et a été satisfaite de ses deux allaitements.

Quand un premier allaitement se passe mal


Etude du cas clinique

Cette mère me contacte au cours de sa deuxième grossesse. Elle a allaité son aîné pendant quatre mois en souffrant d’engorgements à répétition tous les trois jours en moyenne. Cet allaitement a été tellement pénible qu’elle se pose la question d’un éventuel deuxième allaitement.

Mon intervention
Je la reçois en cabinet. Nous prenons le temps de faire le point sur ce premier allaitement. Elle m’explique qu’à la suite du premier engorgement, une sage-femme lui a fait des massages très douloureux et inefficaces qu’elle lui a demandé de refaire à chaque engorgement.
Je me rends compte au fil des explications que cette mère a certainement fait des mastites à répétition plutôt que des engorgements, que son fils ne prenait pas bien le sein et donc ne le drainait pas bien. Je lui explique donc que cette situation n’a pas de raison, a priori, de se reproduire et que même si c’était le cas, des mastites à répétition aussi fréquentes sont en général dues à un germe et nécessitent un traitement antibiotique.

Nous prenons le temps d’évoquer ses craintes. Je lui explique comment démarrer au mieux l’allaitement et quels signes doivent l’alerter.
Elle est partante pour retenter un allaitement sous la condition de pouvoir me joindre rapidement en cas de souci, ce qui fait partie de mes services habituels.

A la naissance du bébé, un petit garçon de 3,500 kg, l’allaitement se met en place sans souci et la mère ne me contacte que douze jours plus tard car elle craint de manquer de lait : son bébé dort beaucoup et fait des tétées courtes. Nous décidons d’une visite à domicile aux trois semaines du bébé.

J’observe la bouche du bébé qui présente un frein de langue très avancé : la langue est attachée par le frein jusqu’au bout. J’observe une tétée : la prise du sein est parfaite grâce à la position de madone inversée montrée en prénatal. Le bébé déglutit très régulièrement et est rassasié en fin de tétée, trois ou quatre minutes après. La prise de poids est parfaite et la mère ne souffre d’aucune douleur : un petit miracle si l’on songe au frein de langue de ce bébé qui ne lui permet pas de tirer la langue.
La mère n’a souffert d’aucun engorgement depuis la naissance.

Je félicite la mère et le bébé pour cette prise du sein parfaite malgré un frein de langue aussi court. Je propose à la mère de faire couper ce frein pour éviter que les seins soient insuffisamment stimulés et en prévention de soucis ultérieurs (notamment de langage et de positionnement des dents). Et je montre à la mère comment s’assurer que son bébé mange suffisamment en lui proposant de faire confiance à son bébé qui s’en sort très bien.

A ce jour, ce bébé a deux mois, le frein de langue a été coupé, il est toujours allaité et la mère n’a eu aucun souci d’engorgement ou de mastite, elle est ravie de son allaitement.
Il était important pour elle de comprendre ce qui s’était passé lors de son premier allaitement pour pouvoir se projeter dans une nouvelle expérience d’allaitement.
Bibliographie
  • Laure Marchand Lucas, Visa pour une communication favorisant la confiance, Le journal des professionnels de l’enfance, janvier 2007, page 36.
  • Catherine Watson Genna, Supporting sucking skills, Jones and Bartlett Publishers, 2008, pages 327 à 340.

Pour aller plus loin dans l’apprentissage de la gestion de ce genre de situations, je vous propose de vous inscrire à mes formations approfondies à l’allaitement maternel.

La prochaine aura lieu le lundi 8 avril 2013 : Communiquer autour de l’allaitement.

N'hésitez pas à faire circuler l'information auprès de vos collègues.

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