Je suis consultante en lactation certifiée IBCLC, seule certification internationalement reconnue en matière d'allaitement maternel.

Bonjour,


Ma newsletter vous propose chaque mois des cas cliniques sur un thème, accompagnés d’une bibliographie. Ces cas cliniques vous permettent une mise à jour mensuelle de vos connaissances en matière d’allaitement. N’hésitez donc pas à partager cette newsletter avec vos collègues.
Si vous souhaitez faire un commentaire, vous pouvez l’envoyer à contact@allaiteraparis.fr.
En vous souhaitant une bonne lecture.

Véronique Darmangeat, consultante en lactation certifiée IBCLC.

bébé prématuré

Cas clinique 1

Ce bébé n'a pas été capable de se nourrir en étant né à 35 SA car il dormait trop. Sa mère a du l'aider en stimulant sa lactation pour que le lait coule plus facilement.
bébé prématuré

Cas clinique 2

Lorsque la mère et le bébé sont séparés à la naissance, la lactation doit être tôt mise en place de la manière la plus efficace possible pour que l'allaitement puisse ensuite se mettre en place correctement.

Un bébé endormi

prématuré
Etude du cas clinique

Cette mère a accouché à 35 SA d’un petit garçon, Corentin, de 2,200 kg. Comme il allait bien, il n’a pas été hospitalisé en service de néonatalogie, est resté en maternité.
Il n’arrivait pas à prendre le sein. La mère a donc commencé à tirer son lait qui a été donné au bébé grâce à une sonde gastrique glissée le long du petit doigt donné à téter au bébé.
À J4, un bout de sein en silicone a été proposé. Le bébé a réussi à téter avec et il est sorti de la maternité.

Une fois à la maison, la sonde au doigt a été abandonnée et remplacée par le biberon CALMA de Medela, jugé plus pratique par les parents. Le biberon était donné après chaque tétée.
Au bout de 4 jours, le bébé n’a pas pris de poids. Le pédiatre a alors demandé de donner plus souvent le sein et de ne donner qu’un biberon par jour de 60 ml.
La mère tire son lait une fois par jour pour faire ce biberon de 60 ml.

Mon intervention
Les parents font appel à moi lorsque le bébé a 11 jours. La mère souhaite réussir à ne donner que le sein à son bébé car elle veut l’allaiter au moins six mois.
J’observe le bébé : sa bouche ne présente aucune particularité. Lorsque je lui propose mon petit doigt à téter, il tète à peu près bien mais il est hésitant et a un peu tendance à mordre mon doigt.
J’observe une tétée : le bébé n’ouvre pas assez la bouche au sein, il ne prend en bouche que la partie saillante du bout de sein en silicone et s’endort au bout de quelques minutes.

Je propose à la mère d’essayer de mettre son bébé au sein en enlevant le bout de sein en silicone et en utilisant la position de la madone inversée. Le bébé réussit très bien à prendre le sein ainsi et il est nettement plus efficace. Comme il continue à s’endormir rapidement, je suggère à la mère d’utiliser la compression mammaire pendant les tétées. Cela allonge un peu la durée de la tétée mais n’est toujours pas suffisant.
Je propose alors à la mère de tirer son lait plus souvent pour stimuler la lactation et que le lait coule plus facilement pour son bébé. Comme Corentin n’a pas encore une succion parfaite, je lui suggère de revenir à la sonde au doigt pour donner les compléments et je lui suggère de proposer systématiquement un complément de lait maternel après les tétées et de tirer son lait ensuite.
Pour augmenter sa production de lait, je suggère à la mère d’utiliser la méthode de tirage combinée (tire-lait plus massages et expression manuelle).

Trois jours plus tard, le bébé a repris 150 g. La mère tire 60 ml de lait après chaque tétée et donne 30 ml au bébé à la sonde au doigt. Celui-ci est plus efficace au sein mais continue à s’endormir trop rapidement.
A un mois, le bébé pèse 2,750 kg. La prise de poids est bonne. Le bébé boit tout au sein, ne prend donc plus de complément mais la mère continue à tirer son lait trois fois par jour pour stimuler sa lactation car son bébé n’en est pas encore capable.
A deux mois, le bébé pèse 3,700 kg. Il se nourrit seul au sein et la mère n’a plus besoin de tirer son lait pour stimuler la lactation.

Dans le cas de ce bébé, on a considéré trop tôt qu’il était capable de téter seul au sein alors qu’il n’avait pas encore l’énergie suffisante pour stimuler la lactation. Le fait que sa mère tire son lait de manière très efficace et le fait d’améliorer la prise du sein a permis à ce bébé d’apprendre à téter à son rythme et de réussir à manger seul lorsqu’il en a été capable.

Une lactation insuffisante

prématuré
Etude du cas clinique

Cette mère a accouché à 35 SA d’un petit garçon, Léon, de 2,270 kg. A la naissance, le bébé a été transféré dans un autre hôpital, en service de néonatalogie. On a fourni un tire-lait à la mère en lui recommandant de tirer son lait six fois par jour mais de ne pas tirer la nuit pour pouvoir dormir.
Le bébé était nourri par sonde gastrique en service de réanimation. Lorsqu’il est passé en soins intensifs, on a commencé à lui proposer le sein en complétant par des biberons.

Le bébé est rentré à la maison à J 11.

Mon intervention
Les parents font appel à moi à J25. Ils réveillent Léon toutes les quatre heures pour le nourrir. Il prend le sein avec un bout de sein en silicone. Ses parents font une double pesée (avant et après la tétée) et complètent par un biberon pour arriver à un total de 120 ml. La mère tire son lait après chaque tétée. Elle utilise un petit tire-lait électrique et obtient 45 ml en moyenne. Léon pèse 3 kg.
La mère souhaite réussir à obtenir un allaitement exclusif.

J’observe le bébé : il a beaucoup de mal à ouvrir grand la bouche et resserre fort les mâchoires. Lorsque je souhaite observer une tétée, le bébé refuse de téter, il est somnolent.

Je propose à la mère de commencer par remonter sa lactation pour que son bébé soit plus motivé par le débit de lait au sein.
Je lui propose de changer de tire-lait pour un Medela Symphony et je lui explique la technique du tirage combiné. Je propose également de repasser le bébé à huit repas par jour suivis d’un tirage à chaque fois. Je propose également aux parents de montrer leur bébé à un ostéopathe pour l’aider à mieux ouvrir la bouche et à moins serrer les mâchoires.

La mère me recontacte à J30. Sa lactation augmente tous les jours. Elle tire désormais 425 ml par 24 heures. Le bébé a été vu par un ostéopathe mais la mère ne voit pas de différence.
Elle me recontacte à J42 : désormais le bébé est nourri exclusivement au lait maternel et il pèse 3,750 kg. Par contre les tétées sont de plus en plus courtes et le bébé semble attendre le biberon.

Je revois la famille à J44. Le bébé boit alors 200 ml au sein par 24 heures (si l’on se fie aux doubles pesées) et 500 ml au biberon. La mère utilise toujours des bouts de sein en silicone. J’observe une tétée : la prise du sein est bonne, le bébé est actif pendant environ une minute puis il s’endort. Il ne s’endort jamais au biberon.
Je propose alors de remplacer les biberons par l’utilisation d’un DAL au sein. La mère est d’accord pour faire l’essai.

Le bébé est alors installé au sein avec un DAL. Dès qu’il commence à s’endormir, le tuyau du DAL est déclampé et du lait supplémentaire arrive alors au sein. Le bébé se remet immédiatement à téter efficacement et boit 70 ml au DAL au sein. La mère est enthousiaste et est d’accord pour mettre cela en place.
Elle me rappelle une semaine plus tard. Elle n’utilise plus que le DAL pour donner les compléments et continue à tirer son lait régulièrement. Elle constate depuis deux jours que le bébé ne prend plus que 50 ml au DAL.
Deux semaines plus tard, le bébé est âgé de 2 mois et une semaine, il n’a plus besoin de complément et sa mère continue à tirer deux fois par jour pour stimuler la lactation. Elle réussit à arrêter tous les tirages lorsque son bébé a 2 mois et 3 semaines. Il est alors en allaitement exclusif.

Pour cette mère, la lactation a été mal mise en place à la naissance et le bébé n’était pas stimulé suffisamment pour téter au sein. Lorsque la lactation a été suffisante, il a été nécessaire de passer par une étape intermédiaire par le DAL pour le stimuler suffisamment pour qu’il revienne au sein.
Bibliographie
  • Dr Jack Newman et Teresa Pitman, L’allaitement, comprendre et réussir, Jack Newman communications, 2006, pages 360 à 374.
  • DVD : A Premie Needs His Mother, Jane Morton, Breastmilk Solutions, 2008.
  • Isabelle Petit, Catherine Grattepanche, Accompagner la progression du bébé prématuré au sein grâce à la « fleur de lait », Soins Pédiatrie puériculture n°268, sept-oct 2012.

Pour aller plus loin dans l’apprentissage de la gestion de ce genre de situations, je vous propose de vous inscrire à mes formations approfondies à l’allaitement maternel.

La prochaine aura lieu le lundi 18 mars 2013 : Allaitement et séparation.

N’hésitez pas à faire circuler l’information auprès de vos collègues.

Copyright © 2013 Véronique Darmangeat, Tout droit réservé.
Email Marketing Powered by Mailchimp